Le chanteur se présente
Daniel Balavoine, l'artiste impulsif
Cette chanson, Le Chanteur de Daniel Balavoine, vous l'avez élue sur notre site Internet. Elle fait partie de vos préférées ! En 1978, Balavoine cumule les succès. Le Chanteur part à la conquête de nos oreilles. Il en vendra 800 000 exemplaires. En même temps, sa voix personnifie l'album Starmania. Au calme, il s'est retranché dans un pavillon de la banlieue parisienne, à Poissy où il vit et bosse. Volontiers casanier mais pourtant couche-tard, le chanteur aime lire la nuit. Il a vingt-six ans. « Je suis comblé en ce moment. Je suis très fier que Michel Berger m'ait choisi comme personnage principal de son épopée rock. J'ai hâte d'être sur scène dans la peau de Johnny Rockfort ! J'ai travaillé comme un fou. Cela m'a beaucoup apporté ensuite pour Le chanteur. » Et le succès de « Je me présente, je m'appelle Henri, je suis chanteur, je chante pour les copains, je veux faire des tubes et que ça tourne bien... » ? « Je veux toucher des personnes d'âges et opinions différents. Cette chanson est un mélange des fantasmes des chanteurs, le côté réussite additionné à la vision qu'ont les gens des artistes. Le public suppose qu'on veut que les filles se jettent sur nous...On ne veut pas obligatoirement être des idoles. » Pour lui, il ne faut pas confondre réussite et gloire. Elève à Pau, benjamin d'une famille nombreuse, le jeune Balavoine a atterri au pensionnat. « Un mauvais souvenir. Mais c'est là, caché sous le lit du surveillant qui me recherchait, que j'ai entendu She loves you des Beatles, sur son transistor resté allumé. C'est là, je crois, que j'ai décidé de faire de la musique. » A 16 ans, alors qu'il doit redoubler normalement sa terminale au lycée, il décide de tout planter. « Mon père qui est un homme fantastique n'a jamais été d'accord que je fasse de la musique mais il ne m'en a jamais découragé. » Les bonnes années galères, il les passe au sein du groupe Présence, de discothèques en bals populaires, dans la région. « Ma voix n'était vraiment pas très rock. L'idée de chanter a continué pourtant de faire son chemin. » D'un caractère instable, doté d'un esprit rieur d'ado, le chanteur admet les coups de sang comme les largesses. « J'ai une réputation de gueulard. Je suis impulsif et aussi très gentil. » Cette année-là, côté c½ur, Balavoine a croisé Linda, assistante de production à la RTBF Mons. Chabadabada. « C'est la femme que j'habite » confiera-t-il joliment, du bout des lèvres. Il multiplie les allers-retours Paris-Mons. Jusqu'au jour où Linda est hospitalisée et qu'il accourt aussi vite que la distance lui permet à son chevet. C'est là qu'il lui propose de vivre ensemble à Paris. Linda le suivra.
Son premier Olympia
En janvier 1980, deux ans à peine après la sortie du Chanteur et de l'aventure de Stramania, Daniel Balavoine décide de financer lui-même son premier Olympia.
« Personne ne voulait le faire. L'album suivant avait moins marché. On me répétait que c'était de la folie de se lancer sans être porté par un tube. Lorsque Berger m'a demandé de chanter ses textes, j'ai fait le maximum pour ne pas avoir l'air d'un con. Il fallait que je lui fasse sentir que j'avais compris ses textes. Cela m'a beaucoup aidé pour interpréter Le chanteur. J'espérais repartir en tournée avec mes amis musiciens car les galas commençaient à me manquer. C'est vrai que nous n'avons pas rempli l'Olympia ce soir-là. Il y avait du monde et ça nous a aidés à remplir l'Olympia une semaine l'année suivante. » L'entêtement avait du bon.
(extrait de DH,22/08/200